TEMOIGNAGE

Mon expérience ratée

Gilles

17 septembre 2022

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Gilles nous livre son témoignage. Après avoir été licencié par une mairie en tant que professeur d'art dramatique. Il a sombré dans une forte dépression. Il a rencontré un prêtre. Cela s'est-il bien passé ?
Réponse poignante dans ce témoignage.

J’ai 62 ans. J’ai été professeur d’Art dramatique dans un conservatoire d’une grande ville de la région du Centre-Val de Loire. Il y a une dizaine d’années, la municipalité m’a licencié pour mettre à ma place un jeune de 28 ans. Les parents et les élèves m’ont soutenu sans véritablement se battre. C’est classique. Cela m’a beaucoup affecté et je suis tombé dans une forte dépression.
J’ai rencontré un prêtre aux obsèques d’une amie. Nous avons eu un bon échange. J’avais reçu enfant une éducation religieuse (catéchisme) mais après, je n’ai jamais pratiqué. Nous avons eu d’autres rencontres, car c’était un homme apaisant.

On parlait de l’actualité, des abus sexuels dans l’Eglise, de la foi, du catholicisme, de Dieu, de Jésus, de mon licenciement, du pardon. On parlait de la messe et de l’Eucharistie.

Le dimanche 5 février 2017, je suis allé à la messe après 45 ans d’absence. Ce fut un choc, le déroulement était d’un triste. Impossible de me recueillir. Je pensais qu’elle serait pleine dans une communion chaleureuse. J’ai eu l’impression que les gens ne s’aimaient pas. Le prêtre avait ressenti mon mal être, mon angoisse. Il s’en doutait un peu, je crois. Puis le double choc arriva. Un homme se leva pour lire un texte. C’était celui qui était à l’origine de mon éviction comme professeur. Ami du Maire, il avait pistonné son fils pour prendre ma place. Un jeune qui revendiquait d’avoir fait les cours Florent (célèbre à Paris). Comme beaucoup de jeunes comédiens, ils galéraient et ce n’était pas compliqué pour son père de m’éjecter et de lui offrir cette place. Ce fut violent. Une fois je l’ai rencontré dans la rue, il a été odieux « T'es fini !, la place aux jeunes » m’avait -il lancé et partait tout joyeux avec un air dédaigneux.
Une fois qu’il s’est assis, mon regard ne le quittait pas. Je ne me souviens plus de ce qui s’est passé. Tout ce que je sais c’est que je me suis retrouvé dehors devant l’église.

Je n’ai jamais remis les pieds dans une église sauf pour un mariage et deux enterrements avec une détermination voire une fixation : ne plus aborder le prêtre !
Nous étions en plein scandale d’abus sexuels dans l’Eglise. Ce fut une expérience ratée, mais un signe de Dieu ? Je me pose toujours la question.

J’ai changé de département dans une ville plus importante. Je suis célibataire. Je vis de prestations sociales, fréquentant une association (non confessionnelle) qui œuvre pour les plus démunis. Je m’occupe de les aider dans leurs papiers administratifs, car beaucoup ne savent pas lire et ce ne sont pas que des étrangers. Mes amis bénévoles m’aident beaucoup. Ils me donnent quelques petites tâches à faire : les devoirs de leurs enfants, les chercher à l’école, du bricolage, du jardinage. Je fais même de l’animation commerciale dans les grandes surfaces. Je me relève comme je peux. Je rencontre des gens formidables, aucun ne va à la messe. Ils rayonnent autour d’eux.

Grâce à Dieu, il est resté une petite lumière en moi. Je prie régulièrement chez moi. J’ai rencontré par hasard le site des « Catholiques Execclesia ». Il me fait du bien et je remercie ceux qui l’alimentent.